top of page
  • Linkedin
  • Facebook
  • Instagram
Rechercher

Une bêtise est-elle toujours une bêtise ?


« Il fait des bêtises. »

C'est une phrase que l'on entend tous les jours. À la maison, à l'école, en crèche, au centre de loisirs...

Un enfant renverse son verre, démonte un jouet, saute dans une flaque malgré l'interdiction ou dessine sur un mur. Très vite, le mot tombe :

« Quelle bêtise ! »

Pourtant, parlons-nous toujours de la même chose lorsque nous utilisons ce mot ?

Je ne le crois pas.

Et si toutes les « bêtises » n'étaient pas des bêtises ?


Toutes les bêtises ne racontent pas la même histoire

Le mot « bêtise » est pratique. Il permet de désigner rapidement un comportement qui nous dérange ou qui ne correspond pas à ce que nous attendions.

Mais il regroupe en réalité des situations très différentes.

Prenons un exemple.

Un enfant casse un verre.

S'agit-il d'une bêtise ?

Peut-être.

Mais peut-être aussi qu'il a simplement trébuché.

Dans ce cas, nous ne sommes pas face à une bêtise, mais à un accident.

La différence est importante.

Dans un cas, l'enfant a besoin qu'on l'aide à réparer.

Dans l'autre, il a surtout besoin qu'on l'aide à comprendre ce qui s'est passé.

Notre réponse éducative ne sera donc pas la même.


Les bêtises qui permettent d'apprendre

Beaucoup de comportements que nous appelons « bêtises » sont en réalité des expériences.

Les jeunes enfants découvrent le monde en a

gissant.

Ils ne se contentent pas d'écouter une explication, ils ont besoin de vérifier.

Que se passe-t-il si je vide toute la bouteille de savon ?

Si je mélange toutes les peintures ?

Si je démonte cette voiture ?

Si je monte sur cette chaise ?

Ces expériences nous semblent parfois absurdes.

Pour l'enfant, elles répondent souvent à une véritable curiosité.

Il ne cherche pas forcément à désobéir.

Il cherche à comprendre.

C'est d'ailleurs ainsi que fonctionne une grande partie des apprentissages : en faisant, en essayant, en se trompant.

L'expérience est parfois plus forte que la consigne.


Quand l'enfant grandit, les « bêtises » changent

En grandissant, les choses évoluent.

Le très jeune enfant agit souvent sans anticiper les conséquences.

L'enfant plus âgé commence à comprendre les règles.

Puis vient une autre étape.

Il ne se contente plus de savoir qu'une règle existe.

Il cherche à comprendre pourquoi elle existe.

Et c'est une évolution normale.

Plus un enfant grandit, moins il obéit uniquement parce qu'un adulte le lui demande.

Plus il a besoin de trouver du sens.

Lorsque ce sens n'est pas compris, certaines règles peuvent être remises en question, testées ou transgressées.

Là encore, cela ne signifie pas que tout est acceptable.

Cela signifie simplement que la compréhension devient un levier éducatif beaucoup plus efficace que la répétition des interdits.


Toutes les transgressions ne se valent pas

Dire qu'un enfant « fait des bêtises » ne nous renseigne finalement pas sur la gravité de la situation.

Certaines sont sans conséquence.

Une flaque d'eau sur le sol.

Un dessin sur une feuille qui n'était pas prévue.

Un jeu un peu trop bruyant.

Ces situations peuvent souvent être réparées facilement.

D'autres touchent les personnes.

Une moquerie.

Une exclusion.

Un geste violent.

Ici, l'enjeu n'est plus seulement matériel.

Il concerne la relation à l'autre.

Enfin, certaines situations ont des conséquences beaucoup plus importantes, parfois irréversibles.

Heureusement, elles restent rares.

Les regrouper toutes sous le même mot – « bêtise » – risque pourtant de nous empêcher d'apporter une réponse adaptée.


Avant de répondre, essayons de comprendre

Lorsqu'un enfant agit, notre premier réflexe est souvent de chercher la conséquence.

Faut-il sanctionner ?

Réparer ?

Punir ?

Expliquer ?

Ces questions sont importantes.

Mais une autre mérite peut-être d'être posée en premier.

Que s'est-il réellement passé ?

Était-ce un accident ?

Une exploration ?

Une impulsion ?

Une transgression ?

Une recherche d'attention ?

Une difficulté à gérer une émotion ?

Selon la réponse, notre accompagnement ne sera pas le même.

Et c'est probablement là que réside tout l'enjeu.

Le mot « bêtise » est simple.

La réalité des comportements des enfants est beaucoup plus complexe.

Prendre le temps de distinguer ces différentes situations ne signifie pas tout accepter.

Cela permet simplement d'apporter une réponse plus juste, plus cohérente… et souvent plus efficace.


Le problème n'est peut-être pas que les enfants fassent des bêtises. Le problème est que nous utilisions le même mot pour parler de situations qui n'ont rien à voir les unes avec les autres.

 
 
 

Commentaires


bottom of page