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Pourquoi mon enfant « redevient bébé » à l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur ?


« Depuis que sa petite sœur est née, il réclame à nouveau son biberon. »

« Elle était propre depuis longtemps et recommence à faire pipi dans sa culotte. »

« Il veut que je le porte comme un bébé. »


Ils correspondent à ce que l'on appelle une régression, une étape fréquente dans le développement de l'enfant lorsqu'un grand changement vient bouleverser son quotidien.


La régression n'est pas toujours un signe que l'enfant va mal. Elle est souvent le signe qu'il cherche à retrouver ses repères dans un monde qui vient de changer.


Une réaction normale face à un grand changement

L'arrivée d'un bébé transforme profondément la vie de toute la famille.

Les parents découvrent un nouveau rythme.

Les habitudes changent.

Le temps disponible n'est plus le même.

Et pour l'aîné, une réalité nouvelle s'impose.

Jusqu'à présent, il occupait une place unique.

Du jour au lendemain, il doit apprendre à partager l'attention de ses parents.

Ce changement peut être vécu comme une véritable perte.

Non pas parce que ses parents l'aiment moins.

Mais parce qu'il perd une chose très concrète : l'exclusivité.

Pendant des mois, parfois plusieurs années, il était le seul enfant.

Le seul à être porté.

Le seul à être consolé.

Le seul à appeler « maman » ou « papa » et à obtenir une réponse immédiate.

L'arrivée d'un frère ou d'une sœur vient modifier cet équilibre.


« Est-ce que j'ai toujours ma place ? »

Contrairement à ce que l'on entend parfois, les comportements de régression ne sont pas forcément de la jalousie.

Ils traduisent souvent une question beaucoup plus profonde.

« Est-ce que j'ai toujours autant de valeur pour mes parents ? »

L'enfant ne formule pas cette question avec des mots.

Il la pose avec ses comportements.

En réclamant un biberon.

En demandant à être porté.

En redevenant plus dépendant.

En sollicitant davantage ses parents.

Ces comportements peuvent être compris comme une façon de vérifier le lien.

L'enfant teste.

Il cherche à savoir si, malgré l'arrivée du bébé, il reste important aux yeux de ses parents.

Ces tests sont parfois fatigants pour les adultes.

Ils sont pourtant souvent rassurants pour l'enfant.

Chaque fois qu'il fait l'expérience que ses parents continuent d'être présents pour lui, il consolide peu à peu sa sécurité affective.


Tous les enfants ne vivent pas cette étape de la même manière

L'âge de l'aîné joue un rôle important.

Un enfant de deux ans ne comprend pas le partage de la même manière qu'un enfant de six ou sept ans.

Le très jeune enfant vit surtout les choses dans l'instant.

Il constate simplement que ses parents sont plus souvent occupés.

Il ne peut pas encore comprendre que le bébé grandira, gagnera en autonomie ou que cette période est temporaire.

À mesure que l'enfant grandit, sa compréhension évolue.

Il peut davantage mettre des mots sur ce qu'il ressent.

Il comprend aussi plus facilement les explications de ses parents.

Cela ne signifie pas que la situation est plus simple.

Simplement que les besoins exprimés ne seront pas les mêmes.


La régression n'est pas un retour en arrière

Il est parfois tentant de penser que l'enfant « oublie » ce qu'il savait faire.

En réalité, la plupart du temps, ce n'est pas le cas.

L'enfant sait toujours manger seul.

Il sait toujours aller aux toilettes.

Il sait toujours s'habiller.

Mais, pendant un temps, il a besoin de retrouver des comportements associés à une période où il se sentait pleinement sécurisé.

Cette régression est souvent transitoire.

Lorsque l'enfant retrouve sa place dans cette nouvelle organisation familiale, les comportements diminuent progressivement.

Ils disparaissent généralement d'eux-mêmes.


Comment accompagner cette période ?

Il n'existe pas de solution miracle.

En revanche, certaines attitudes peuvent aider.

Accueillir les émotions de l'enfant sans les minimiser.

Lui montrer qu'il conserve une place importante dans la famille.

Partager avec lui des moments où il retrouve l'attention exclusive de son parent, même s'ils sont courts.

Et surtout, garder en tête que derrière ces comportements se cache souvent un besoin d'être rassuré.

Cela ne signifie pas répondre à toutes les demandes.

Cela signifie essayer de comprendre ce que l'enfant cherche à exprimer.


Grandir, c'est aussi apprendre à partager

L'arrivée d'un frère ou d'une sœur est une étape importante.

Elle demande à l'enfant de faire de nombreux apprentissages.

Partager les jouets, plus tard.

Partager les espaces.

Partager les temps du quotidien.

Mais avant tout, partager ses parents.

C'est sans doute l'un des apprentissages les plus difficiles, parce qu'il touche directement au sentiment de sécurité.

Avec le temps, lorsque l'enfant se sent suffisamment rassuré dans la relation, il découvre que l'amour de ses parents ne se divise pas.

Il se transforme.

Et il peut trouver sa place dans cette nouvelle histoire familiale.

 
 
 

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