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Pourquoi mon enfant ment ?

16 août
3 min de lecture

« Je n'ai pas mangé le chocolat. »

Alors que sa bouche est encore pleine.

« C'est mon copain qui a un dragon à la maison. »

« Hier, je suis allé sur la Lune. »

« Papa m'a dit oui. »

Tous les parents entendent un jour leur enfant dire quelque chose de faux.

La première réaction est souvent la même :

« Pourquoi me ment-il ? »

Pourtant, cette question en cache une autre, peut-être plus importante.

Parlons-nous toujours du même mensonge ?

Je ne le crois pas.

Comme les « bêtises », les mensonges ne racontent pas tous la même histoire.

Et comprendre ce qui se cache derrière un mensonge permet souvent d'y répondre de façon plus juste.


Tous les mensonges ne se ressemblent pas

Le mot « mensonge » regroupe des réalités très différentes.

Dire qu'un enfant ment ne nous dit finalement presque rien.

Pourquoi ment-il ?

Pour se protéger ?

Pour faire rire ?

Pour rêver ?

Pour impressionner ?

Pour appartenir à un groupe ?

Selon la réponse, notre réaction ne sera probablement pas la même.


Le mensonge pour se protéger

C'est probablement celui que les parents repèrent le plus facilement.

« Ce n'est pas moi. »

Alors que tout indique le contraire.

L'enfant cherche rarement à tromper pour le plaisir.

Il cherche souvent à éviter quelque chose.

Une punition.

Une colère.

Une déception.

Autrement dit, il cherche à se protéger.

Plus un enfant se sent en sécurité pour reconnaître une erreur, moins il aura besoin de la cacher.


Le mensonge pour grandir un peu plus vite

« Mon papa est pilote d'avion. »

« Chez moi, j'ai une piscine. »

« Je connais Mbappé. »

Ce type de mensonge apparaît souvent à l'école.

Il ne traduit pas forcément une volonté de manipuler.

Il répond souvent à un autre besoin : être intéressant, être admiré, trouver sa place dans un groupe, être celui que les autres regardent.

Le besoin n'est pas de mentir mais

de se sentir valorisé.


Le mensonge qui raconte un rêve

Parfois, l'enfant raconte une histoire...

...mais il ne cherche pas vraiment à tromper.

Il raconte surtout le monde tel qu'il aimerait qu'il soit.

« J'ai gagné une course. »

Alors qu'il est arrivé dernier.

« Papa est venu me chercher. »

Alors que ce n'était pas prévu.

Ce type de récit nous renseigne souvent davantage sur les envies de l'enfant que sur la réalité.

Il nous parle de ses besoins, de ses frustrations ou de ses espoirs.


L'imagination n'est pas un mensonge

Les jeunes enfants mélangent parfois réalité et imaginaire.

Ils racontent qu'un dinosaure est venu dans leur chambre.

Qu'ils parlent avec leur doudou.

Ou qu'ils ont rencontré une licorne.

Ils ne cherchent pas nécessairement à tromper l'adulte.

Leur imagination occupe encore une place très importante.

Les contredire systématiquement n'est pas toujours utile.

Parfois, entrer quelques instants dans leur histoire permet de mieux comprendre ce qu'ils vivent.

« Et qu'a fait le dinosaure ? »

Cette simple question nous apprend souvent beaucoup plus que :

« Tu racontes n'importe quoi. »


Faut-il toujours dire à un enfant qu'il ment ?

Pas forcément.

Tout dépend de ce qui se joue derrière ses paroles.

Si un enfant affirme avoir un dragon dans son jardin, l'enjeu n'est probablement pas de lui démontrer qu'il dit faux.

Si un enfant cache volontairement avoir frappé son petit frère, la situation est différente.

Avant de corriger le mensonge, il est souvent utile de comprendre ce qu'il protège.

Le besoin de sécurité ?

Le besoin d'être aimé ?

Le besoin d'appartenir au groupe ?

Le besoin d'être valorisé ?

Le mensonge n'est parfois que la partie visible d'un besoin beaucoup plus profond.


Avant de répondre au mensonge...

Nous cherchons souvent à savoir si l'enfant dit la vérité.

C'est important.

Mais une autre question mérite peut-être d'être posée en premier.

Pourquoi avait-il besoin de raconter cette histoire ?

La réponse n'efface pas le mensonge.

Elle nous aide simplement à mieux comprendre l'enfant.

Et comme souvent en éducation, comprendre ne signifie pas tout accepter.

Cela permet surtout d'apporter une réponse adaptée à ce que l'enfant est réellement en train de vivre.


Le problème n'est peut-être pas que les enfants mentent. Le problème est de croire que tous les mensonges racontent la même histoire.

 
 
 

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