Comment poser un cadre sécurisant aux enfant sans (trop) se fâcher ?
- Camille Couesnon
- 17 avr.
- 5 min de lecture
Aujourd'hui, les injonctions dans l'éducation sont partout et notamment sur les réseaux sociaux. Si diffuser l'information accessible à tous est une bonne chose, comment s'y retrouver quand on trouve tout et son contraire ? Entre les publications qui incitent à un retour aux règles strictes et celles des super mamans instagrammables qui montrent une vie parfaite, il est facile de se perdre, voir de culpabiliser. Alors concrètement, quoi faire ?
Ici, pas de réponse miracle, désolée si c'est ce que vous veniez chercher. Chaque famille, chaque parent, chaque enfant est différent. Nous avons tous une éducation différente, des valeurs différentes, et ce n'est pas grave, c'est ce qui fait la richesse de chacun.
Mais concrètement, on sait aujourd'hui que l'enfant a besoin de repère, de cadre bienveillant pour se sentir en sécurité. En parallèle, les enfants ont aussi besoin d'être écouté, compris et acteur de leurs journées pour se construire. Comment allier tout cela ?
Déjà, je voudrais faire un point sur un sujet souvent évoqué (pas toujours à bon escient), l'éducation positive. Il ne s'agit pas là de tout céder à son enfant, de lui dire "oui" pour éviter les frustrations. L'éducation positive s'inscrit dans un courant de pensée autour du besoin de l'enfant et de comment on l'accompagne, dans l'encouragement et l'explication plutôt que dans la répression.
Je ne ferais pas ici l'apologie de l'éducation positive, je voulais simplement remettre du contexte pour éviter tout malentendu.
Il est vrai qu'un jeune enfant ne peut pas comprendre le monde qui l'entoure, il en est en pleine découverte. C'est à l'adulte de lui poser les bases. Le cadre posé va le structurer, le rassurer. Il continue d'avoir besoin de repères, de sécurité, jusqu'à l'adolescence (et avouons le, encore à l'âge adulte). L'adulte doit être celui qui apprend à l'enfant pourquoi une chose est possible ou non, pas celui qui punit ou laisse tout faire.
Alors l'équilibre peut être dur à trouver. Avoir de l'autorité sans virer à l'autoritarisme. Cela demande d'être capable de réfléchir, de prendre du recul sur une situation.
Un enfant à qui on a imposé des règles sans les lui expliquer aura du mal à transposer les règles dans d'autres situations. Par exemple, vous avez appris à votre enfant à ne pas toucher à la cheminé mais vous ne lui avez pas appris que c'est parce qu'il y a du feu, que le feu ça brûle (et l'eau ça mouille), et que ça pourrait lui faire très mal. Plus tard, il voit un feu ailleurs, il ne sait pas qu'il ne doit pas y toucher, il a appris à ne pas toucher à la cheminé, pas au feu, alors, faute d'explication et d'avoir compris, il se brûle. Evidemment, je prends un exemple exagéré, c'est juste pour illustrer.
Prendre le temps d'expliquer aux enfants peut sembler superflus, vous avez peut-être l'impression que c'est une perte de temps, pourtant, c'est un investissement qui en fera gagner plus tard. Un enfant qui comprend pourquoi les règles sont là, c'est un enfant qui tentera beaucoup moins de les transgresser en grandissant.
Les enfants ont aussi des besoins et des envies, ils ressentent des émotions et ont des sentiments qui leur sont propres. Il est important de pouvoir les écouter. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut tout accepter encore une fois. Comprendre l'enfant, le laisser s'exprimer et lui répondre en retour ce qui est possible ou non et pourquoi, est essentiel pour son développement. Un enfant qui a le droit de s'exprimer et qui est écouté est un futur adulte qui aura plus confiance en lui et qui saura ce qui est bon pour lui.
L'enfant a besoin de repère. Pour que la journée soit structurée, qu'il comprenne ce qui est attendu de lui, il a besoin de routine.
Les habitudes aident l'enfant. S'il sait que le soir en rentrant de l'école, il prend son goûter, fait ses devoirs, à un temps de jeu, prend son bain...(c'est pour l'exemple, vous instaurez les routines qui conviennent le mieux à votre famille et vos habitudes), il intègre cela dans son schéma et ça en devient naturel. Alors que si un jour on commence par le bain, le lendemain par les devoirs, le jour d'après par jouer, l'enfant ne peut pas anticiper et construire une logique dans sa journée, c'est déstructurant pour lui.
Bien sûr, même lorsque la routine est établie, il peut y avoir des difficultés. Le timer peut venir aider à repérer les différentes temporalités. Le timer permet à l'enfant de visualiser le temps. Pour lui, c'est très compliqué de se représenter ce qu'est réellement 10 min, surtout s'il est pris dans un jeu passionnant. Définissez à l'avance, par exemple, le temps de jeu avant d'aller se laver, vous réglez le timer et le placez à la vue de votre enfant. Il est possible de prendre deux timers, un pour votre enfant et un pour vous. Cela permet à la fois d'empêcher à l'enfant de tricher en dérèglant le timer, et en même temps, il vous rappelle à vous aussi que c'est le moment si vous êtes occupé ailleurs. Une fois le temps écoulé, pas de négociation possible, à la douche ! Pour rester à l'écoute des besoins de l'enfant, les règles sont décidées en amont, et elles restent fixes, on ne change pas les règles au cours de la partie ! Par contre, elles peuvent être négociées avant. Par exemple, votre enfant vous demande plus de temps pour jouer aujourd'hui, c'est d'accord, mais alors il s'engage à prendre une douche rapide ensuite et pas un long bain pour ne pas manger trop tard.
Les routines peuvent être modulées
en fonction des besoins, ce ne seront pas les mêmes pendant les périodes scolaires et les périodes de vacances, elles vont évoluer en même temps que l'enfant grandi. Il est aussi possible qu'il y ait des impératifs qui changent la routine (rendez-vous chez le médecin le soir par exemple). C'est possible de changer le cadre de temps en temps à condition que ce soit expliqué à l'enfant (ça peut paraître évident parfois pour les adultes, mais pas pour les enfants).
Une relation saine entre le parent et son enfant repose sur la confiance, des deux côtés. Votre enfant doit comprendre que vous tenez, que vous êtes fiable, un maximum constant pour être rassuré et pouvoir suivre le cadre établi.
Tout cela est essentiel pour qu'il puisse se structurer correctement tout au long de son développement.
Les enfants sont les adultes de demain, ils sont notre avenir, c'est eux qui prendront les décisions pour la société dans quelques années. Alors, je pense qu'on n'en fera jamais trop pour les aider à être les citoyens de demain.
Et si, l'autre soir en rentrant du travail, vous n'avez pas pris le temps de tout expliquer, vous étiez fatigué et avez voulu faire vite, ce n'est pas grave (c'est OK !). Nous sommes tous humain avec nos imperfections. Le tout est d'en avoir conscience et de faire au mieux au quotidien.
Vous avez aussi le droit de dire à votre enfant que vous êtes fatigué, que vous êtes désolé, qu'aujourd'hui vous ne pouvez pas. Personne n'est au top tous les jours, ni les enfants ni les adultes.





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